Cinéma / Musique
Hier soir j'ai regardé ce film que j'avais en DVD .. Je l'avais vu une première fois il y a quelque temps sans vraiment y porter toute l'attention qu'il mérite et je tenais à le revoir ..
C'est l'histoire d'Angélique, qui voit la vie en rose. Pour la jeune fille, l'amour a les traits d'un cardiologue, Loïc .. Seul « petit » obstacle à leur bonheur, ce dernier est marié à une autre et sera bientôt papa. Un amour apparemment impossible, mais qu'importe, quand on aime, on espère. Passionnément, à la folie ................
Tout le début du film est vu par les yeux d'Angélique .. on la pense tout simplement amoureuse d'un homme au bord du divorce qui veut officialiser leur relation .. puis retour en arrière pour revoir toute la première partie vue par les yeux de Loïc et c'est ainsi que peu à peu on découvre le trouble obsessionnel dont souffre la jeune fille ..
Le scénario est brillant, bien mené, habile et effrayant .. on se surprend à être touchée malgré tout par le sort de l'héroïne, mal dans sa peau, malheureuse ...
Et la toute fin met particulièrement mal à l'aise .. tout ce qui touche de près ou de loin à la folie me trouble beaucoup, me procure un étrange malaise, ça m'effraie car ce n'est pas maîtrisable, ça peut arriver à n'importe qui, à n'importe quel moment .. c'est incontrôlable ..
Audrey Tautou est tout simplement magique .. Juste après Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, elle trouve là un rôle à sa mesure ... Apparemment gracile et fragile, elle va basculer peu à peu dans une folie violente et destructrice ..
Samuel Le Bihan est excellent dans ce rôle de chirurgien victime d'une manipulation machiavélique.
Réalisé par Laetitia Colombani qui signe là son tout premier « thriller » comme elle aime définir son film (prochainement Mes stars et moi), elle évoque cette maladie peu connue et peu curable, l'érotomanie ..
L'érotomanie se définit comme un état passionnel de la personne qui se déroule en trois phases. D'abord, la phase d'espoir se soutient de l'orgueil et de la certitude d'être aimé par un homme ou une femme (plus rarement) "de bien", que suit bientôt la phase de dépit, tandis que la troisième est la phase de la haine, plaçant la personne "aimée" en position de victime.
Cette maladie touche en grande majorité des femmes et une très petite minorité d'hommes et "l'objet de l'érotomanie" est en général un homme au statut social plus élevé qu'elle ou lui. La personne érotomane est d'abord persuadée que c'est l'autre qui l'aime en secret, mais qu'il n'ose pas ou ne peut pas se déclarer. Sur cette illusion première se construisent les trois phases caractéristiques d'espoir, de dépit et de rancune.
L'érotomane cherche à entrer en contact avec son "objet", persuadée que c'est lui qui le souhaite. Elle lui téléphone, lui envoie des messages, le suit, s'immisce peu à peu dans sa vie en se rendant à son domicile et en tentant de pénétrer dans son intimité, en l'attendant des heures dans les escaliers, en lui écrivant constamment des lettres, à s'approprier ses amis sans que "l'objet" ne se doute de cet amour.
Cette maladie peut alors devenir inquiétante car, au cours des deux dernières phases, la personne érotomane peut s'attaquer à cet homme ou à son entourage. Mais, le plus souvent, elle s'en prend à elle-même, et les tentatives de suicide sont plus fréquentes que les agressions. L'érotomanie est l'une des formes que peut prendre le délire paranoïaque. Elle en possède les caractéristiques : « Le malade interprète des faits de façon erronée par exemple, "Le présentateur du journal télévisé a remis son nœud de cravate pendant qu'il parlait, c'est un signe qu'il m'adresse" - mais très élaborée et logique » explique un spécialiste en psychiatrie. Il n'y a pas non plus de critique, c'est-à-dire que la personne ne reconnaît pas son délire, elle est persuadée de la véracité de sa conviction.
Contrairement à la nymphomanie, la sexualité n'est pas le sujet essentiel de l'érotomanie. Il s'agit de l'illusion délirante d'être aimé, mais cela ne ressemble en rien au désir amoureux ni même à la passion amoureuse. Cette illusion et tout ce qui en découle provoquent une souffrance chez celui qui en est la victime. Il culpabilise, se demande en quoi il est responsable de ce qui arrive et n'ose pas trop en parler. Son entourage peut en effet avoir du mal à croire que toutes ces attentions ont commencé sans avoir été encouragées.
L'érotomanie est une maladie rare, dont les causes sont inconnues. Elle est très longue et délicate à traiter. Une fois que le patient a été reçu en consultation psychiatrique, et en fonction du degré de son trouble, le traitement peut aller des mesures les plus légères (consultations régulières) aux plus coercitives : hospitalisation sous contrainte, avec sortie progressive très encadrée avec psychotropes.
L'érotomanie peut être isolée – on est alors dans le registre de la paranoïa –, ou bien associée à d'autres éléments délirants comme dans la schizophrénie.