Cinéma / Musique
Ce soir ce sont alternés le bon, le moins bon, le carrément mauvais et le presque excellent ...
Face à des Alice, Maryline, Julia ou Ana éteintes et inexistantes (il faut avouer aussi que face à une Jenifer rayonnante la partie était ardue !!), ont flamboyé Solène, Joanna, Anissa, Harold qui nous offre une prestation des plus convaincantes qui le place à la première place ce soir avec une moyenne de 16,7, même si j'ai aimé moyen moyen les bisous en direct avec sa femme, charmante au demeurant, mais ils auraient pu éviter les frotis frotas sur le plateau !!! (je ne suis vraiment pas fan des séquences émotion !!!) ... les autres : Gautier en tête qui m'énerve mais d'une force !!! .. prétentieux et arrogant, tant dans ses attitudes que dans son chant .. Edouard qu'on a envie de scalper .. correct mais sans plus, il ne se démarque pas .. Yvane qui tente un radoucissement mais qui vocalement reste très faible avec des problèmes de justesse et de positionnement (j'ai souvent l'impression qu'il n'est pas à sa place !!) .. et Quentin qu'on a envie de renvoyer dans sa cour de récréation qui manque singulièrement de maturité .. (je juge sur les primes, je ne regarde pas les quotidiennes donc je ne juge pas sur leurs façons d'être dans la vie au sein du château .. euh de l'hôtel !!)
Pour terminer sur le donc presque excellent d'un Mickels qui m'a beaucoup touchée (sa moyenne de 15,2 ne reflète pas loin de là ce qu'on était en droit d'en attendre, je le plaçais largement au même niveau voire même mieux qu'Harold), très complice avec Garou (même si lui j'aime pas sa voix, l'homme m'est foncièrement sympathique ..) ... Mickels a un grain de voix digne des Damien Rice ou Tom Mc Rae, je le vois bien dans ce style là .. je l'attends au tournant ce petit .. je crois pouvoir dire que c'est mon "chouchou" de cette année, relativement discret et réservé .. il ne me fait pas vibrer non loin de là, mais je l'aime beaucoup avec sa tronche d'ange et son regard pétillant ...
Le coeur à mille à l'heure au moment du verdict final .. Yvane est sauvé par le public (c'était prévisible ..) mais d'une très courte tête devant Harold (respectivement 37 % et 36 %) ..
Le suspense et l'horreur sont à leur comble : après le vote des élèves Ana et Harold sont ex aequo et franchement ils sont pourtant aux antipodes au niveau talent ..
C'est finalement Yvane (que je n'apprécie pas plus que ça mais qui se révèle toutefois assez attachant) qui va sauver Harold .. un OUFFFFFFFFFFF de soulagement a envahi ma poitrine (j'étais là à me mordre les doigts et à murmurer Sauvez Harold Sauvez Harold (heureusement qu'il ne s'appelle pas Willy !!!!!) )... je n'aurais certes pas compris qu'une Ana franchement au ras des pâquerettes soit sauvée devant un Harold plutôt impeccable sur son Lettre à France réussi ..
Rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle âpre bataille .. !!!
Le debriefing de Kevin Moulback toujours aussi mordant :
Quatrième prime : élimination d'Ana
Par Kevin Moulback
Le
dernier prime de la Starac a réuni 4,7 millions de téléspectateurs.
C'est certes 340 000 de plus que la semaine précédente mais la part de
marché continue néanmoins à rétrécir - 22,2 % contre 22,4 % vendredi
dernier - parce que, de son côté, NCIS, la série navalo-criminelle de
M6, dépasse maintenant largement les 7 millions de fidèles en début de
soirée. TF1 n'a pu sauver l'honneur que grâce au soutien inespéré de
Christophe Hondelatte, dont le nouveau magazine culturel Tandem, sur
France 2, a sombré corps et biens avec moins de 2 millions de
téléspectateurs.
La débâcle de la huitième saison semble donc se
poursuivre inexorablement. Et pourtant, ce soir, il se passe quelque
chose d'inattendu sur le plateau 217 de la Plaine-Saint-Denis, quelque
chose d'extraordinaire, d'exceptionnel, comme dirait Nikos. Ce soir,
c'est vraiment bien.
De prime abord, on pouvait s'attendre au
pire. L'invitée d'honneur n'est autre que la sempiternelle Jenifer,
habituée des primes s'il en est. Elle est à la fois la première
gagnante de la Starac, sa plus belle réussite commerciale, mais aussi
le douloureux rappel d'une époque où l'émission faisait beaucoup plus
d'audience et vendait beaucoup plus de disques. Six chansons de Jenifer
figurent au programme : on n'est donc pas loin du pénible record encore
détenu par Florent Pagny, avec sept titres durant une même soirée.
Le
prime s'ouvre sur une interprétation de groupe d'un medley des plus
grands succès de Jenifer. Et là - divine surprise - ce n'est pas la
cacophonie et le désordre qui caractérisent habituellement les
prestations collégiales. Pour une fois, c'est plutôt harmonieux - les
élèves chantent sagement les uns après les autres - et, surtout, ça ne
dure pas trop longtemps. C'est donc un excellent début.
Et voici
qu'apparaît Nikos, le maître de cérémonie. Il ne porte pas de cravate !
On se dit alors que quelque chose est vraiment différent ce soir. Et
voilà qu'apparaît Armande Altaï, la directrice baroque. Elle porte
d'étranges lunettes noires, qui semblent inspirées à la fois par le
carnaval de Venise et le costume de Batman. Là, pour être franc, on se
dit qu'elle a peut-être perdu la boule pour de bon mais le spectacle se
poursuit sans attendre.
Quentin commence les choses sérieuses en
interprétant "La dame de Haute-Savoie" de Francis Cabrel aux côtés de
Roch Voisine et de Garou. Même si la façon dont les trois compères font
semblant de jouer de la guitare électrique et rivalisent dans les
accents rocailleux est vaguement ridicule, il y a quand même une belle
énergie et le trio est sympathique. La performance est agrémentée d'un
charmant tableau, probablement concocté par Kamel Ouali, le plus grand
chorégraphe de France. Des danseurs descendent un plan incliné noir
couvert de silhouettes blanches avant d'entamer un twist endiablé. Je
suppose que le plan incliné évoque les pentes neigeuses de la
Haute-Savoie. Les silhouettes blanches sont peut-être un hommage
discret aux Experts, la série vedette de TF1. Quant au fait que
danseurs et danseuses portent des tchadors, il s'agit probablement
d'une invitation très subtile à la réflexion sur le thème de l'égalité
des sexes au Moyen-Orient. Évidemment, cela pourrait aussi être
complètement autre chose, voire tout à fait n'importe quoi.
Le
spectacle continue dans la bonne humeur. Jenifer, qui chante un de ses
derniers titres avec Anissa, a voulu nous faire rire en arborant une
superbe robe rouge à peu après aussi ample qu'une toile de cirque. À
moins qu'ille n'abrite dessous une famille de réfugiés afghans,
l'intention comique est évidente. Quelle blagueuse, cette Jenifer !
Kamel n'est pas en reste, qui lui demande après la chanson : "Jenifer,
comment tu fais pour ne pas vieillir ? Tu es toujours aussi belle,
aussi fraîche." C'est facile : elle a 25 ans !
On persiste dans
le registre humoristique avec Quentin et Gautier, qui jouent les
séducteurs sur "Oh les filles" du groupe Au bonheur des dames. La
chanson est entrecoupée d'adresses au public féminin. À en juger
d'après les cris stridents, Gautier semble avoir un certain succès. En
revanche, l'appel de Quentin aux demoiselles - "Vous battez pas !" -
est accueilli par un silence de mort. À l'issue de la chanson, Gautier
fait un peu de provocation en traitant Nikos de "vieux". Celui-ci lui
montre immédiatement "qui est le patron" en entamant avec Garou
"Hoochie Coochie Man", un vieux blues emprunté à Muddy Waters. Une
petite mise en scène pas vraiment spontanée mais amusante.
On
rit moins quand Joanna, la bonne élève de la promotion, chante
"Bleeding Love" avec Leona Lewis, gagnante de X-Factor, une sorte de
Nouvelle Star à l'anglaise, qui a vendu près de cinq millions d'albums
depuis sa victoire. Du fait du découpage, la pauvre Joanna est confinée
dans un rôle de choriste face à une Leona plutôt distante. La chanson,
qui a pourtant été numéro 1 des charts un peu partout en Europe, fait
partie de ces mélodies R&B sans saveur qu'on oublie presque
instantanément. Après la démonstration vocale, Nikos arrive évidemment
avec la question qui tue : "Leona, est-ce que vous pensez que Joanna a
les atouts pour faire une carrière comme la vôtre ?" Que peut-on
répondre à ça : "Non, non, elle ferait mieux de reprendre ses études de
comptabilité" ? Leona choisit la diplomatie bien sûr : "Oh, elle est
incroyable, elle est très professionnelle, elle a beaucoup de talent.
C'est une fille formidable et j'ai été très contente de la rencontrer."
On
passe vite sur le duo de Maryline avec Louisy Joseph, une autre
lauréate de télé-téléréalité puisqu'elle appartenait au groupe L5,
formé après la première saison de Popstars. Elles interprètent ensemble
"Assis par terre", un titre qui, pour des raisons obscures, donne à
Kamel l'envie irrésistible de se lever pour danser. On retiendra
surtout l'appréciation de Rafaël Amargo, le professeur d'expression
corporelle hispanophone, à propos de Maryline : "Elle est très
percussionniste". D'autres que Nikos seraient restés perplexes mais
l'animateur effectue la traduction simultanée avec son brio habituel :
"Elle est perfectionniste". Bravo Nikos !
Le véritable morceau
de bravoure est ce soir pour Solène, qui chante "I'm So Excited" des
Pointer Sisters tandis que des danseurs en vestes de treillis à manches
bouffantes virevoltent autour d'elle. Elle paraît un peu perdue dans le
ballet frénétique qui l'entoure et essaie de suivre les mouvements de
son mieux tout en conservant un peu de souffle pour sa chanson. Malgré
les imperfections - notamment le porté final en équilibre instable, qui
tient plus du transport de pommes de terre -, la prestation est
dynamique et sympathique. Comme à son habitude, Kamel couvre son élève
de louanges sur le mode "C'est moi que j'aime à travers vous". Ainsi,
quand il dit "Solène, tu es géniale, tu recrées l'esthétique", il veut
dire "Je suis génial ; je récrée l'esthétique" (je ne sais pas trop ce
que ça veut dire mais ça a l'air d'un super-compliment que Kamel se
fait à lui-même).
Jusqu'ici tout va bien. D'ailleurs, Jennifer
est super contente. Elle le dit elle-même : "Moi, je vais super bien.
Il y a une super ambiance. C'est juste mortel, je suis super contente."
Il faut dire que Nikos la couvre littéralement de louanges : "Jenifer,
plus belle que jamais. Jenifer, tout le monde dit en régie, tout le
monde dit en coulisses et dans le public : mais qu'est-ce qu'elle est
belle, qu'est-ce qu'elle est belle !" Difficile d'en faire plus que ça.
Le
meilleur est encore à venir. Le meilleur, c'est, bien sûr, les
sémillants Jonas Brothers. Kevin, 20 ans, Joe, 19 ans, et Nick, 16 ans.
Ce sont eux que toutes ces adolescentes attendent en poussant des cries
d'orfraies et en agitant des panneaux "I love J.B.". Elles aiment les
Jonas Brothers et qui pourrait le leur reprocher ? Ils sont jeunes, ils
sont beaux, ils chantent de jolies chansons. Ils ne boivent pas, ils ne
fument pas, ils ne jurent pas. Ils donnent 10 % de leurs revenus à des
œuvres de charité. Les trois frères ont même choisi de rester vierges
jusqu'au mariage. À cette fin, ils portent à la main gauche un anneau
de pureté afin, je suppose, d'écarter de leur chemin les femmes de
mauvaise vie.
Certes, les cyniques parmi vous - il y en a, je le
sais - rappelleront qu'à l'époque de son premier tube, "Baby One More
Time", Britney Spears aussi portait l'une de ces bagues et formait avec
Justin Timberlake le plus charmant et le plus asexué des couples. On
apprit plus tard avec effarement, de la bouche même de la mère de
Britney, que celle-ci avait perdu sa virginité quatre ans auparavant, à
l'âge de 14 ans, et même pas avec Justin. Par chance, le cynisme est
une disposition d'esprit qui m'est complètement étrangère et je ne
doute pas un instant de la sincérité du vœu de chasteté des frères
Jonas. Cela dit, vu leur réaction quand Ariane Massenet les a
interrogés à ce sujet durant le Grand journal de Canal +, j'ai
l'impression que ça doit commencer à leur peser sérieusement.
Tout
ça pour dire que les Jonas Brothers sont "wholesome" comme on dit en
anglais, c'est-à-dire que ce n'est pas à un de leurs concerts qu'on
risque de se prendre une bouteille de whisky dans la figure ou une
fourchette dans l'œil. Et pourtant, les filles les adorent. Dès qu'ils
apparaissent sur le plateau, c'est l'hystérie. Et quand ils commencent
à chanter leur tube SOS, elles reprennent spontanément les paroles à
l'unisson. Comme vous voyez, ça n'a rien à voir avec ces moments si
pénibles, et si fréquents à la Starac, où un artiste essaie d'entraîner
la foule - "Avec moi !" - et où il ne se passe strictement rien. Les
Jonas Brothers, ils n'ont même pas besoin de demander. Ils sont
vraiment très forts.
Quant au malheureux Gautier qui les
accompagne, lui dont les adolescentes scandaient le nom à peine
quelques minutes auparavant, il a maintenant l'air du vilain petit
canard perdu parmi les cygnes. À la fin de la chanson, Nikos vient
naturellement poser aux frères Jonas une nouvelle question qui tue :
"Comment est-ce que vous vous sentez à Paris avec autant de plaisir ?"
Mainteant, il fait les questions et les réponses, ça va beaucoup plus
vite. De même, quand les trois frères s'attardent sur scène et que
l'attention du public reste focalisée sur eux, Nikos leur adresse un
"Hi, guys !", qui sonne étrangement comme "Cassez-vous de mon plateau
!".
Après un tel déferlement d'énergie juvénile, difficile de
faire mieux. On passera donc rapidement sur la fin du prime. On
retiendra quand même la mésaventure de Yaël Naïm, venue chanter son
tube interplanétaire "New Soul" avec Julia. À l'issue de la prestation
(pas terrible), la malheureuse Yaël tombe lourdement en quittant la
scène. Confus, Nikos lui offre cette curieuse excuse : "Excusez-nous :
il y a un trou dans le studio". La chute n'a l'air de rien à première
vue, d'autant plus que Yaël, stoïque, affiche un grand sourire. Mais,
en soulevant sa robe, Nikos révèle une méchante balafre sur sa jambe.
Elle est évacuée avec l'aide de Gautier et Édouard. Pour la consoler de
ses blessures, Nikos lui souhaite néanmoins "Shana tova", c'est-à-dire
"Bonne année" en hébreu. Comprenne qui pourra.
Sans être
flamboyantes, les dernières prestations sont plutôt agréables, en
particulier celles d'Édouard et de Mickels. Le prime s'achève avec
"Chante", l'hymne de la Starac 8. Je vous ai déjà dit il y a deux
semaines tout le mal que j'en pensais, donc pas besoin d'insister. Et
vu l'enthousiasme avec lequel les élèves quittent leur banc pour aller
l'interpréter, ils semblent du même avis que moi.
Impossible de
conclure sans mentionner les nominés : Ana, Harold et Yvane. Les
interventions familiales qui ont agrémenté leur prestations étaient
particulièrement gonflantes (le papa d'Ana, la femme d'Harold, la nièce
d'Yvane). Yvane est sauvé par le public avec 37 % des suffrages contre
36 % à Harold et 27 % à Ana. Le vote des élèves est partagé et c'est
finalement Yvane, le rebelle de la semaine dernière, qui tranche et
renvoie la douce Ana en Belgique (ça tombe bien : son papa la
raccompagnera).
C'est déjà fini ! À la semaine prochaine.