Cinéma / Musique
Synopsis : Un tueur en série ensanglante Marseille. Louis Schneider, flic au SRPJ, mène l'enquête malgré l'alcool et les fantômes de son passé. Le passé resurgit aussi pour Justine. 25 ans plus tôt, ses parents ont été sauvagement assassinés par Charles Subra. Schneider l'avait alors arrêté. Mais aujourd'hui, par le jeu des remises de peine et pour bonne conduite, Subra sort de prison. Cette libération anticipée va alors réunir Schneider et Justine, deux êtres qui tentent de survivre au drame de leur vie.
Voilà un film, signé Olivier Marchal qui clôt ainsi son triptyque après "Gangsters" et "36 Quai des Orfèvres", très lourd, très noir, glauque dont l'exceptionnelle qualité d'image, du cadrage et de la mise en scène contribue à augmenter le sentiment d'oppression .. On assiste à la lente dérive d'un homme brisé qui cherche son salut dans la rédemption .. mais le problème du film est là pour moi : il est très lent et peine à trouver un rythme .. à aucun moment, il ne décolle et s'englue tout comme le héros s'englue dans son alcoolisme et sa dépression .. dans la deuxième heure cependant, l'intérêt est éveillé et souvent suscité ... mais il y a très peu d'action, et beaucoup trop de longueurs ... le film aurait pu être amputé d'une demi-heure sans problème afin d'être un peu plus dynamique ..
Dans un Marseille triste et sombre, souvent noyé sous des déluges, les scènes se succèdent sans parfois trouver de lien ... avec un peu trop d'incohérences, d'invraisemblances et d'approximations, le scénario est un peu bâclé, nous perdant entre les deux histoires parallèles .. cependant, le film reste très réaliste (tiré d'une histoire vraie), violent tant dans son histoire et son traitement que psychologiquement parlant ... souvent bouleversant .. voire même poignant lors de certaines scènes particulièrement réussies et justes, profondes et intenses ..
Mais ce qui prédomine est, bien entendu, la prestation époustouflante d'un Daniel Auteuil méconnaissable et métamorphosé, en flic tourmenté et blessé face à une excellente Olivia Bonamy très touchante et Catherine Marchal digne, qui oscille en permanence entre intégrité et doute, perturbée par la déchéance de son ami.
Daniel Auteuil campe avec beaucoup de douleur ce personnage très dense, le visage marqué, les mains abîmées ... parlant très peu, il est partout même quand on ne le voit pas à l'image tant sa présence est marquante ... il est vraiment impressionnant ...
J'ai donc un peu de mal à analyser mon ressenti face à ce film glacial et dur, parfois limite malsain, laissant un sentiment de malaise et de gêne, mais dont le final est magnifique ... en fait pour moi il tient en haleine surtout grâce à Daniel Auteuil ... sans lui, ce serait juste un polar de plus, sans âme .. un rôle à César, assurément ..