Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Cinéma / Musique

Publicité

SANS ARME NI HAINE NI VIOLENCE

Synopsis : Appréhendé en 1977 pour avoir conçu, organisé et réussi le célèbre casse de Nice, Albert Spaggiari s'évade du bureau du juge d'instruction. Pendant des années, il va rester insaisissable, résistant à toutes les tentatives de la police. Au cours de sa cavale fabuleuse en Amérique du Sud, il multiplie les rencontres avec des journalistes, fait des photos en forme de pied de nez facétieux au public français. Vincent, reporter, réussit à l'approcher pendant quelques jours dans une ville d'Amérique du Sud et découvre un être qui n'a rien à voir avec le grand banditisme, une sorte de Cyrano de Bergerac, généreux et fauché, souffrant de ne pas profiter davantage de sa gloire, looser grandiose, vantard plein d'humour et de contradictions mais qui reste traqué par la police française.

 

J'attendais ce film tout à la fois impatiemment et avec appréhension, car j'ai encore le souvenir d'un Francis Huster (je suis une amoureuse devant l'éternel et inconditionnelle de cet acteur depuis toujours) flamboyant en Albert Spaggiari dans Les égouts du paradis de José Giovanni ...

Je me demandais donc ce que Jean-Paul Rouve pouvait apporter de nouveau à ce personnage hors du commun .. mais il l'a fait .. et très bien ..

L'histoire ici s'attache davantage à la vie d'Albert Spaggiari plutôt qu'au casse lui-même (qui ne dure que dix minutes dans le film) que l'on découvre à travers l'interview qu'il accorde à un journaliste (personnage fictif) .. l'avant et l'après-casse, la cavale et son histoire d'amour ..

Et on découvre un personnage terriblement charismatique et touchant, fort complexe, une sorte d'adolescent immature et mégalomane qui aurait un peu oublié de grandir et qui s'amuse de tout, souhaitant davantage être connu que riche .. même si certains aspects plus sombres de la vie de Spaggiari sont occultés ou éludés, on appréhende de nombreuses facettes captivantes de cet Arsène Lupin des temps modernes ..

Et Jean-Paul Rouve acteur le fait immensément bien .. avec toute la démesure que le rôle exige .. avec son allure de dandy aux faux-air de Jacques Dutronc, il explose en donnant de l'étoffe et de la sensibilité au personnage ..

Face à lui, j'ai été bouleversée par Gilles Lellouche, époustouflant .. cet acteur grandit grandit, prend de l'épaisseur film après film et se révèle ici .. la relation entre les deux oscille entre la méfiance de l'un, l'admiration de l'autre qui va aller peut-être même jusqu'à la fascination ..

Alice Taglioni traverse l'écran avec la grâce aérienne et lumineuse qu'on lui connaît ..

Au-delà de ça, Jean-Paul Rouve offre une mise en scène malheureusement un peu trop académique, sans grande surprise (malgré quelques transitions lors des flash-backs bien foutues ..), son inexpérience en la matière se ressent et il nous impose les défauts des débutants .. cependant, on sent le long travail d'enquête et de préparation (aucune faille ..) et il réussit à maintenir un certain suspense là où on connaît pourtant l'histoire ..

Mais le scénario et les dialogues (que Jean-Paul Rouve signe aussi, cumulant les casquettes avec brio), l'excellence de l'interprétation (avec en seconds rôles Maxime Leroux (trop rare ..), Anne Marivin, Patrick Bosso ..) et la fin prévisible mais émouvante sont suffisants pour faire de ce film une belle réussite, sans temps mort et sans perte d'intérêt ..

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article